Dans beaucoup d’entreprises, les risques psychosociaux restent un sujet difficile à aborder. On en parle quand “ça explose”, quand l’absentéisme augmente, quand les équipes s’essoufflent. Et souvent, la réponse se limite à des questionnaires, des formations ou des actions individuelles… alors que les causes sont bien plus structurelles.
Ce flou est normal : les risques psycho-sociaux (RPS) s’expriment à travers des ressentis, mais prennent racine dans l’organisation du travail, ses flux, ses priorités, ses zones d’incertitude. C’est exactement là que l’approche ergonomique apporte une lecture différente : elle replace le travail au centre, l’activité réelle, celle qui se vit entre deux urgences, entre un outil qui rame, une information qui n’arrive pas, un rôle mal défini.
Chez InSitu 360, nous partons d’un principe simple : on ne prévient pas les RPS en s’attaquant aux symptômes, mais en fluidifiant le système. L’ergonomie permet de faire émerger ce qui use, ce qui bloque, ce qui surcharge, et de transformer ces constats en leviers d’action concrets. Pas en “plus”, mais au service de la performance de l’organisation.
Sommaire
Ce que l’ergonomie révèle sur les RPS : comprendre le travail réel pour comprendre ce qui fatigue
L’ergonomie n’observe pas “les personnes”, mais l’activité. Ce que les gens font pour atteindre leurs objectifs, avec quels moyens, dans quelles contraintes, dans quelles priorités. Et très souvent, ce que nous découvrons n’a rien à voir avec ce qui est écrit dans les fiches de poste.
L’analyse du travail réel : comprendre avant d’agir
En immersion sur le terrain, en observation, en analyse des flux, une évidence apparaît : les équipes sont souvent performantes malgré l’organisation, pas grâce à elle. Elles compensent un manque de coordination, des outils mal adaptés, des priorités changeantes, des procédures trop théoriques, des processus qui n’ont jamais été pensés côté “usage”. C’est dans ces compensations, invisibles mais quotidiennes, que les RPS prennent racine.
Les goulots d’étranglement organisationnels : là où l’énergie se perd
Dans chaque organisation, il existe des “zones de friction” : des endroits où le flux se grippe, où l’information se perd, où la charge mentale explose. On peut citer quelques exemples typiques observés sur le terrain :
- Communication qui circule dans tous les sens, mais sans filtres ;
- Changements de priorités permanents, qui empêchent d’anticiper ;
- Reporting qui s’empile, sans valeur ajoutée ;
- Processus “officiels” jamais utilisés car trop éloignés du réel ;
- Décisions floues, prises à des niveaux différents selon les situations.
On peut comparer l’organisation à un système hydraulique : si un canal se bouche, la pression augmente ailleurs. Et cette pression, ce sont les salariés qui la prennent.

Rendre visibles les contraintes qui ne se voient pas
Ce que l’ergonomie permet de mettre en lumière :
- La charge cognitive liée aux interruptions constantes ;
- Les arbitrages invisibles faits au détriment de la qualité ou du repos mental ;
- Les “tâches fantômes” qui n’apparaissent dans aucun tableau, mais prennent une place énorme ;
- Les contradictions du travail (faire vite et bien ; être autonome et suivre des procédures rigides).
Ce sont ces éléments, toujours multifactoriels, qui créent la fatigue organisationnelle, bien avant les signaux officiels des RPS.
Factualiser les ressentis : transformer des perceptions en données qui guident l’action
Les risques psycho-sociaux sont souvent décrits comme des ressentis : stress, surcharge, manque de reconnaissance, perte de sens. L’approche ergonomique permet d’aller derrière le ressenti pour comprendre d’où il vient.
Surcharge perçue ≠ surcharge réelle : comprendre ce qui charge vraiment
Une équipe peut dire “on n’en peut plus”. Mais derrière cette phrase, les causes peuvent être radicalement différentes :
- Un outil inadapté qui fait perdre 30 minutes par jour ;
- Une absence de priorisation ;
- Trop d’interruptions ;
- Des objectifs impossibles à tenir dans le temps imparti ;
- Un rôle flou qui empêche de décider.
La surcharge n’est pas une “fragilité”, c’est un déséquilibre entre la tâche et les moyens. L’analyse de l’activité permet ainsi de dresser la cartographie de l’activité et des contraintes. Elle rend visible le temps réel passé, les interruptions, la charge cognitive, les tâches satellites. En général, cette simple cartographie suffit à révéler des marges de manœuvre immédiates.
Clarifier les rôles : un facteur clé pour réduire les tensions
Une grande partie des conflits internes ou tensions interservices vient d’un flou :
- Qui décide ?
- Qui arbitre ?
- Qui valide ?
- Que signifie “bien faire son travail” ici ?
Dans ces cas, la matrice RACI adaptée au terrain permet de trancher. Elle repose non pas sur l’organigramme, mais sur le travail réellement effectué.
Résultat : des frontières plus lisibles, moins de zones grises, moins de tensions.
Comprendre la charge mentale : ce qui se joue dans les flux d’informations
Les salariés ne sont pas surchargés uniquement par le volume de travail, mais par la fragmentation, les changements de contexte, la multiplicité des canaux, les décisions sans critères clairs, l’imprévu permanent.
La modélisation des flux cognitifs permet d’identifier ce qui surcharge le cerveau et de le simplifier. Transformer un ressenti en donnée objectivable permet de sortir du “c’est ton ressenti” et d’entrer dans “Voici ce qui crée la surcharge. Voici comment on peut agir dessus.” C’est un changement complet de posture.
Les leviers d’action issus de l’ergonomie pour prévenir les RPS : clarifier, structurer, fluidifier
Une fois que les zones de friction sont objectivées, l’enjeu est de remettre de la fluidité, de la lisibilité et de la cohérence dans l’organisation. L’ergonomie propose des actions concrètes, réalistes et adaptées à chaque contexte.
Clarifier les rôles, les priorités et les critères de décision
C’est l’un des leviers les plus puissants et pourtant l’un des plus négligés.
Clarifier :
- Ce qui est attendu ;
- Ce qui est prioritaire ;
- Qui fait quoi ;
- Sur quels critères on arbitre ;
- Ce qu’on peut déléguer ;
- Ce qu’on ne peut pas reporter.
Cette étape permet de tendre vers moins de conflits, de charge mentale, plus d’autonomie et un collectif plus aligné.
Structurer les flux : faire respirer l’organisation
Les outils de management visuel et les rituels courts ne sont pas là pour “sur-outiller”, mais pour stabiliser l’activité. Exemples :
- Tableaux de priorités partagées ;
- Indicateurs simples pour suivre le flux (et non la performance individuelle) ;
- Revues hebdomadaires de charge ;
- Points flash pour anticiper au lieu de subir.
L’objectif : moins d’imprévus, moins de sollicitations inutiles, moins de pertes de temps.
Fluidifier en ajustant l’environnement (physique, numérique, organisationnel)
Les RPS sont systémiques : ils émergent quand l’environnement ne soutient plus l’activité. Certains de ces ajustements sont fréquemment pertinents en entreprise :
- Réduire le bruit informationnel ;
- Simplifier un process qui génère des reprises ;
- Retravailler un outil numérique source d’erreurs ;
- Organiser des espaces pour limiter les interruptions ;
- Redéfinir les circuits de décision.
Chaque micro-ajustement allège le quotidien et libère de l’énergie.
Faire de la co-construction un outil de transformation
Les salariés savent très bien ce qui fonctionne… et ce qui bloque. L’ergonomie permet d’utiliser cette intelligence du terrain pour construire des solutions fiables, adaptées et durables.
Co-construire, ce n’est pas “faire plaisir”. C’est garantir la pertinence, l’appropriation et la longévité des solutions.

Agir sur les RPS, c’est agir sur l’organisation. Pas sur les individus.
Les risques psychosociaux ne sont pas un sujet “à part”. Ils sont le reflet de l’organisation, de sa capacité à donner un cadre clair, un flux stable, un sens partagé. L’approche ergonomique permet de :
- Gagner du temps ;
- Économiser de l’énergie ;
- Réduire les erreurs ;
- Stabiliser les équipes ;
- Préserver les ressources ;
- Améliorer l’expérience collaborateur ;
- Renforcer la performance collective.
Et surtout, elle remet du sens : permettre à chacun de bien faire son travail, dans un système lisible et fluide. C’est cela, la prévention des RPS efficace : une action sur l’organisation, au service de la santé… et de la performance.
Ne laissez pas les risques psychosociaux s’installer. Chez InSitu 360, nous analysons votre organisation, vos flux et vos contraintes pour mettre en place des solutions concrètes et durables qui protègent vos équipes et renforcent la performance collective.



